Défendre les espaces menacés

Les multiples atouts du site du Ry-Ponet – une biodiversité variée, des terrains agricoles proches des zones d’habitat, des paysages exceptionnels, … – pourraient être fortement réduits si des espaces venaient à être bâtis.

Ce risque est bien réel. Si la plus grande partie du site est inscrite au plan de secteur comme zones agricoles, vertes, forestières ou de loisirs – et donc protégée de toute urbanisation – certaines zones sont malheureusement inscrites comme « zones d’habitat » ou « zones d’habitat à caractère rural ».  Et certaines de ces zones font l’objet de projets immobiliers. C’est le cas en particulier de la zone des Haïsses-Piedroux à Chênée (Liège) où la société Neufcour souhaite construire un méga-lotissement de 520 logements et de deux zones situées à Beyne-Heusay (rue Sainte-Anne et rue Neufcour) où la société Scheen-Lecoq voudrait bâtir un total de 230 logements.

Un lotissement n’est jamais une fatalité

Mais qu’un promoteur soit propriétaire d’un terrain situé en zone d’habitat et qu’il ait les moyens financiers pour y construire un lotissement ne signifie heureusement pas que ce projet se réalisera.

Ainsi, la société Neufcour a déposé en 2017 une demande de permis d’urbanisation pour son terrain des Haïsses-Piedroux. Lors de l’enquête publique qui a suivi, notre Plateforme Ry-Ponet a mené une campagne active contre ce projet… et a été largement entendue. Près de 4.800 personnes ont envoyé à la Ville de Liège un courrier s’opposant au projet immobilier, relevant à quel point il était néfaste pour le vivre ensemble, la mobilité, le commerce local et l’environnement et dangereux pour l’avenir de tout le site. Sous cette pression, le promoteur a été amené à retirer son projet (tout en annonçant qu’il réintroduirait une demande en 2019 – ce qu’il n’a pas fait).

Le projet de deux lotissements à Beyne-Heusay n’en est encore qu’aux premiers stades d’étude et les détails n’en sont pas encore connus. Néanmoins les informations disponibles montrent déjà qu’il s’inscrit dans la même logique et qu’il provoquerait le même type de dégâts que le projet Neufcour. Nous nous y opposerons donc également.

La leçon à tirer de l’enquête publique sur le projet Neufcour – et de bien d’autres qui se sont succédées dans la région ces dernières années – est que la propriété, l’argent et l’agrément du plan de secteur ne suffisent pas à assurer la réalisation d’un projet si la population n’en veut pas. La critique argumentée et la mobilisation citoyenne peuvent bloquer des projets inadaptés voire franchement nuisibles.

Un projet public peut être amendé

D’autres types de menaces pèsent également sur l’intégrité du site. C’est le cas de l’extension des parkings du CHU Notre-Dame des Bruyères qui pourrait entraîner des pertes regrettables pour le patrimoine historique lié au château des Bruyères et d’un éventuel projet de construction par la société de logement social « Le Logis social » à proximité du CHU, le long de la rue de Gaillarmont. Le fait que ces projets émanent de sociétés publiques et répondent à des besoins réels nous a mené à privilégier le contact et la discussion avec les instances qui en sont responsables – ce qui ne signifie pas que nous soyons prêts à accepter n’importe quel projet au nom d’un supposé « intérêt général ».

Une vision d’ensemble est indispensable

Mais nous ne pouvons nous satisfaire d’une situation où nous devons réagir sans cesse « au coup par coup » à des projets particuliers qui surgissent sans la moindre réflexion d’ensemble sur leur impact global sur le site.

C’est pourquoi notre Plateforme a voulu aller plus loin en réclamant, à travers notre Memorandum rédigé en 2018, une reconnaissance du Parc du Ry-Ponet mais également « une politique d’aménagement du territoire respectueuse de l’environnement et des habitants ».

Nous voulons une vision globale de notre territoire, en particulier au travers de la réalisation d’un Masterplan sur l’ensemble de la zone du parc (qui se situe à cheval sur quatre communes : Liège, Beyne-Heusay, Chaudfontaine et Fléron) et de l’instauration d’un moratoire sur tout projet immobilier sur la zone du parc tant que les résultats de ce concours de Masterplan n’auront pas été analysés et que des conclusions précises n’en auront pas été tirées.


Pour en savoir plus, cliquez sur l’onglet « Menaces ». Vous y découvrirez des informations détaillées sur les projets qui menacent le site du Ry-Ponet et sur les zones que leur statut de « zone d’habitat » ou de « zone d’aménagement communal concerté » au plan de secteur ne met pas à l’abri de mauvaises surprises. Et, en cliquant ici, vous pourrez aussi (re)vivre en détail la manière dont le pot de terre de la mobilisation citoyenne a fracassé le pot de fer du projet immobilier de la société Neufcour.