Mars 2026.
Après avoir assisté à une présentation sur les pics dispensée par Aves, dans le cadre d’une initiation à l’ornithologie, Sophie, membre de la Plateforme, s’équipe de ses jumelles. Direction les sentiers du Parc du Ry-Ponet, à la recherche de loges de pics.
Bingo. En voilà une, bien visible.
Quelques minutes de patience… et un mouvement attire l’attention. Un habitant se manifeste. Mais surprise : ce n’est pas un pic. La loge a trouvé une seconde vie et abrite désormais un couple de sittelles torchepots. Le spectacle est fascinant.

Sophie contacte alors Guillaume, voisin du parc et passionné de photographie animalière :
— « Guillaume, ça te dirait de venir observer et photographier des sittelles ? »
— « Évidemment. Rendez-vous dimanche prochain. »
Le jour venu, Guillaume installe son matériel. Très vite, le couple de sittelles s’active. Commence alors un ballet incessant d’allers-retours, chacun apportant matériaux et nourriture. Sous leurs yeux, la construction du nid prend forme, scène discrète mais d’une beauté saisissante.


L’avant-plan est somptueux : les fleurs des érables planes apportent une touche délicate à la scène. Les feuilles ne sont pas encore sorties et laissent le regard libre, sans obstacle. Les couleurs, douces et harmonieuses, se fondent dans une lumière tout simplement parfaite.
Guillaume capture l’instant. Plus tard, il sélectionnera trois clichés, ses préférés. Ils rejoindront son exposition au Centre culturel de Soumagne, aux côtés d’autres rencontres sauvages : rapaces en plein vol, blaireaux discrets, martins-pêcheurs éclatants, chevreuils furtifs…


Avril 2026.
Guillaume revient photographier les sittelles mais la déception est grande. Elles ne sont plus présentes. Il leur est certainement arrivé quelque chose.
Une semaine plus tard, lors d’une autre séance de repérage dans le Parc du Ry-Ponet, c’est un autre couple de sittelles qui est observé et photographié.


Pour en apprendre un peu plus sur la sittelle-torchepot, nous avons consulté le très beau livre « Le comportement des oiseaux » édité par la Salamandre,

La sittelle torchepot est sédentaire. Elle est solitaire ou vit en couple.
Elle fréquente les forêts claires, mixtes ou de feuillus, les parcs et les jardins.
Elle niche dans des fissures d’arbres, d’anciennes loges de pics ou des nichoirs.
Elle peut boucher partiellement l’entrée des cavités à l’aide de mortier. « Torchepot » dérive de cette action de «Torcher» (enduire, maçonner) avec de la boue, imitant la technique du torchis pour protéger sa nichée.
Grâce à la conformation de ses pattes, la sittelle est capable de descendre le long des troncs la tête en bas. Elle se déplace en spirale et aussi latéralement sur les arbres, en passant de l’un à l’autre par un vol légèrement ondulé.
Pendant la nidification, l’alimentation est surtout composée d’insectes et de leurs larves, alors qu’en automne et en hiver elle mange également des graines, des baies et des fruits sauvages. Lorsque la nourriture abonde, elle cache le surplus pour constituer des provisions. La sittelle a également l’habitude de caler noisettes et glands dans les fissures des écorces, comme dans un étau, pour ensuite les marteler à l’aide de son bec solide et en manger le contenu.
Mâle et femelle se distinguent par une légère différence de couleur du bas-ventre et de la poitrine (brun-roux pour le mâle et chamois roussâtre pour la femelle).
