Le paysage du Ry-Ponet que nous découvrons aujourd’hui est le résultat d’une très longue histoire géologique, commencée il y a plusieurs centaines de millions d’années. Collines, vallons, ruisseaux et terrasses racontent l’action combinée des roches, de l’eau et du climat au fil des âges.
🏔️ Une crête qui partage les eaux
Le parc est organisé autour d’une ligne de crête qui le traverse comme une véritable colonne vertébrale. Cette crête constitue une frontière naturelle : elle sépare les eaux de pluie en deux directions.
D’un côté, l’eau rejoint le ruisseau du Ry-Ponet ; de l’autre, elle alimente le ruisseau du Bois-de-Beyne. Les géographes appellent cette limite une ligne de partage des eaux. Chaque goutte de pluie qui tombe sur la crête « choisit » ainsi l’un ou l’autre bassin versant.
🪨 Une histoire écrite dans les roches
La majeure partie du parc repose sur des grès houillers, des roches formées il y a plus de 300 millions d’années, lorsque d’immenses forêts tropicales couvraient la région. Ces grès, relativement résistants à l’érosion, ont contribué à préserver les reliefs qui structurent aujourd’hui le paysage.
La ligne de crête correspond à des terrains plus récents appartenant à la Formation de Vaals, surmontés localement par un lambeau de la Formation de Gulpen. Ces couches se sont déposées dans une mer chaude qui recouvrait la région il y a environ 70 millions d’années. Elles témoignent d’environnements très différents de ceux qui existaient lors de la formation des grès houillers.
💧 Pourquoi les ruisseaux coulent-ils ici ?
Les ruisseaux du Ry-Ponet et du Bois-de-Beyne n’ont pas choisi leur emplacement par hasard. Depuis des millions d’années, l’eau de pluie s’écoule vers les points les plus bas du relief. En ruisselant, elle use lentement les roches, creuse les terrains les plus sensibles et approfondit progressivement les vallons.
Une partie de l’eau s’infiltre également dans le sous-sol avant de ressortir plus bas sous forme de sources. Ces émergences contribuent à alimenter les ruisseaux et à maintenir leur écoulement.
Au fil du temps, l’action combinée de l’érosion et de la circulation de l’eau a sculpté les deux vallées qui encadrent aujourd’hui la crête centrale.
🌾 La terrasse des Haïsses-Piedroux : un paysage hérité des anciens cours d’eau
En direction de l’ouest, sur la partie liégeoise, les vallons débouchent sur une surface plus douce et relativement plane : la terrasse des Haïsses-Piedroux.
Cette terrasse est constituée d’anciens dépôts alluviaux laissés par les cours d’eau à une époque où les vallées se situaient à un niveau différent de celui d’aujourd’hui. Elle représente une ancienne étape de l’évolution du paysage et témoigne des profondes transformations qu’ont connues les cours d’eau au cours des périodes glaciaires et interglaciaires.
En parcourant le Ry-Ponet, vous voyagez à travers plus de 300 millions d’années d’histoire de la Terre.
Les grès houillers se sont formés à l’époque où d’immenses forêts tropicales occupaient la région. Bien plus tard, une mer chaude a déposé les sables et les craies qui constituent aujourd’hui la crête. Enfin, l’eau, le gel et les variations climatiques des dernières périodes glaciaires ont sculpté les vallons, les ruisseaux et les terrasses que nous observons encore aujourd’hui.
Sous chaque pas se cache ainsi une page de l’histoire du paysage.
