Jeudi 1er juin, trois jours après le début de l’enquête publique, la Ville de Liège a organisé une réunion d’information du public avec les promoteurs du projet immobilier (la société Neufcour). La toute grande majorité des Chênéens ignorant le contenu de cette nouvelle mouture du projet, il y avait foule dans la salle de sport (surchauffée) de l’Ecole Victor Heuskin pour en savoir plus. Et pour être éclairant, cela a été éclairant !

Nous avons eu droit à un exposé interminable (et parfois incompréhensible) qui se perdait régulièrement dans les détails (les promoteurs pourraient vous parler des heures de l’emplacement des tuyaux de plomberie et des pentes des allées) et rempli d’affirmations (l’ajout de 800 à 1.000 nouvelles voitures sera absorbé sans problème dans le trafic, des centaines de nouveaux élèves trouveront place sans problème dans les écoles de Chênée, des immeubles de 4 à 7 étages ne gâcheront en rien le paysage,…) qui ont provoqué rires et surtout grincements de dents.

La longue séance de questions-réponses a surtout confirmé ce que la Plateforme Ry-Ponet explique depuis deux ans : ce prétendu « quartier durable » va détruire un vaste espace vert auxquels tiennent les Chênéens et n’a ABSOLUMENT PAS été pensé pour s’intégrer dans son voisinage. Les promoteurs font le beau pour vendre leurs 520 maisons et appartements mais ils ne se soucient pas le moins du monde des conséquences pour les habitants de Chênée, de Vaux ou de Beyne-Heusay. Dans leur lotissement, on circulera peut-être à pied et en vélo mais, pour y entrer et en sortir, la voiture sera quasiment indispensable. Ceci signifiera encore plus de bouchons, de pollution et de stress, un centre de Chênée encore plus difficile d’accès, des magasins qui vont péricliter,…

Et le plus beau est venu à la fin. Les promoteurs se vantent de ne plus utiliser que 20 hectares au lieu de 30 dans leur précédent projet, ce qui permettrait de développer des cultures sur les 10 hectares restants qui seraient mis en « réserve foncière ». Interrogés sur le sens de ce mot, ils ont dû reconnaître que cela voulait dire que, dans 10 ou 15 ans, ces terrains pourraient être utilisés pour construire de nouveaux logements ! Autrement dit, 500 logements demain, 700 ou 800 après-demain, et encore plus par la suite s’ils parviennent à grignoter encore d’autres espaces verts à proximité.

Le caractère complètement inapproprié de ce projet a été bien compris par les habitants : en deux heures de débat, il n’y a pas eu une seule intervention en sa faveur ! Et son caractère dangereux a, lui aussi, été bien compris : à la sortie de la réunion, les participants se sont bousculés pour discuter avec les membres de la Plateforme et proposer leur aide pour mener campagne contre ce projet désastreux.

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