Le SDALg et le Ry-Ponet en débat au conseil communal de Liège

Le Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège (SDALg pour les intimes) a été présenté, débattu et voté au Conseil communal de Liège le 30 avril. Avec un invité inattendu dans la discussion : le projet de méga-lotissement de la société Neufcour – et son alternative positive, le projet de parc du Ry-Ponet – amené dans le débat par la Plateforme Ry-Ponet.

Nous avons déjà présenté en détail le contenu de ce Schéma et la campagne de la Plateforme Ry-Ponet contre le monstre qu’il abrite. Rappelons simplement que le SDALg est un document prospectif qui balise les évolutions possibles de l’arrondissement dans les prochaines années sur une vaste gamme de questions, de la démographie à l’économie, en passant par l’emploi, le logement, le tourisme, la mobilité, le cadre naturel et les paysages et qui propose des pistes de développement à l’échelle de l’arrondissement, c’est-à-dire de la métropole liégeoise.

L’invité surprise de la page 115…

Si bon nombre de propositions nous semblent aller dans un sens souhaitable, une lecture attentive non seulement du rapport de synthèse d’une quarantaine de pages mais aussi du « document final » (qui en compte 129 pages) fait apparaître qu’il y a, comme on dit à Bruxelles, une couille dans le potage.

Le SDALg a été réalisé, à la demande de la conférence des bourgmestres de Liège-Métropole, par le bureau d’études Pluris et la société Tr@me. Rien à redire à cela… si ce n’est qu’à la page 115 du rapport final du SDALG – dans le cadre des « zones d’enjeu » (et plus particulièrement des « zones leviers » – les auteurs identifient une grappe « Confluence » s’étendant au long de la vallée de la Vesdre de Liège (Angleur et Chênée) jusqu’à Chaudfontaine dans laquelle ils incluent, au lieu-dit des Haïsses-Piedroux dans le quartier de Chênée (Liège), un célèbre projet immobilier de très grande ampleur (520 logements). Et c’est là que le potage se révèle indigeste : les auteurs de ce projet immobilier (pour le compte de la société financière Neufcour) ne sont autres que… le bureau d’études Pluris et la société Tr@me.

Nous voilà donc avec un bureau d’études et son compère en communication qui élaborent un projet immobilier pour un groupe privé qui profitent d’une étude commandée très officiellement par un pouvoir public pour faire la pub’ de ce projet privé en le présentant comme essentiel pour le développement du logement à Liège. On flirte allégrement avec le conflit d’intérêt.

Entretemps, le projet Neufcour-Pluris-Tr@me a suscité une levée de bouclier de la part des habitants de Chênée et des quartiers et communes voisins puisque 4.773 courriers contestant ce projet ont été envoyés en juin 2017 durant l’enquête publique accompagnant la demande de permis d’urbanisation.

La mention de ce projet immobilier dans le SDALg ouvrait donc le risque que, sorti par la porte, il puisse tenter de revenir par la fenêtre, coiffé d’une auréole de respectabilité obtenue par le vote du SDALg par tous les conseils communaux de l’arrondissement…

… a aussi été l’invité surprise du Conseil communal

Depuis octobre, la Plateforme Ry-Ponet a donc écrit à tous les conseillers communaux des 24 communes de l’arrondissement pour leur demander de faire acter, à l’occasion de la discussion et du vote du SDALg dans votre commune, que « le soutien du Conseil communal au SDALg n’implique pas un soutien implicite à tous les projets particuliers cités dans le rapport final, notamment le projet immobilier des Haïsses-Piedroux. »

Le moment essentiel de cette campagne a évidemment été le passage du SDALg au conseil communal de Liège, la commune directement concernée par le projet immobilier. Non seulement nous avons écrit à tous les élus liégeois mais nous avons aussi diffusé devant l’entrée du Conseil communal une lettre ouverte aux conseillers.

Il n’est pas possible de résumer ici toutes les interventions des chefs de groupe qui se sont succédés pour donner leur point de vue sur le SDALg (celui-ci a finalement été voté par le PS, le CDH et le MR, Ecolo et VEGA s’abstenant et le PTB votant contre).

Mais, de notre point de vue, le fait marquant a été que la plupart des intervenants ont fait référence très clairement à notre critique de la présence du projet Neucourt dans le SDALg et au projet de parc que nous défendons. Ces critiques ont été tout particulièrement relayées par François Schreuer pour VEGA, Sophie Lecron pour le PTB et Caroline Saal pour Ecolo. Christine Defraigne pour le MR a dit que la Ville ne devait pas céder « aux caprices des promoteurs ». Jean-Pierre Goffin pour le PS a lu des passages de la « lettre écrite par un groupe de citoyens » (la Plateforme Ry-Ponet pour ne pas la nommer) et rappelé l’opposition au projet immobilier, le besoin de défendre les espaces verts et de construire des logements mais sans parler du parc. Ce qui n’a pas été le cas du bourgmestre qui, dans son introduction au débat, a tenu à s’adresser aux habitants de Chênée présents pour les rassurer sur le fait que le vote du SDALg ne signifiait pas qu’on allait construire le projet Haïsses-Piedroux, en revenant sur la motion en faveur du parc du Ry-Ponet votée par ce même conseil communal en octobre 2017 et en réaffirmant que la démarche votée ce jour-là restait la ligne directrice pour les autorités communales.

En bref, le Ry-Ponet a été partie prenante du débat ce soir-là et pas de manière anecdotique !


>>> Pour revoir en vidéo le point sur le Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège du conseil communal du 30 avril 2018 et les intervention des conseillers communaux sur le sujet, cliquez ici.

>>> Pour revoir les précisions apportées par Monsieur le Bourgmestre aux habitants de Chênée concernant le projet « Haisses-Piedroux » de la société Neufcour, cliquez ici.